OVIAndalucía – Article « Femmes handicapées et violence sexiste » d’Eugenia Carrasco López – 2019

Nous, femmes handicapées, sommes aussi des femmes et, par conséquent, nous pouvons également être victimes de violences machistes. De fait, une femme sur trois d’entre nous en souffre, soit plus du double que le reste des femmes. Pourtant, il n’y a pas de campagnes pour dénoncer cela, on ne manifeste pas dans la rue et on ne passe pas à la télé…

 

Après tout, qui peut penser une seconde qu’un homme veuille être avec toi, ni même te maltraiter ? Même pour ça, tu n’es pas désirable… Mais parfois tu l’es et alors, tu as quelqu’un ; et parfois ce quelqu’un qui prétend t’aimer te rabaisse, t’insulte, te frappe, t’humilie, te viole, te maltraite et, peut-être, te tue.

 

Si une femme est maltraitée ou meurt sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint, c’est parce que le système ne fonctionne pas alors que lorsque c’est une femme handicapée qui est victime de maltraitance, non seulement le système ne fonctionne pas mais en plus, il ne sait pas quoi faire de toi.

 

Pire, lorsque tu appelles les numéros d’urgence et que tu dis que tu es handicapée ou que tu vis en établissement aux côtés de ton agresseur, on ne sait même pas quoi te dire et, finalement, tu restes entre les mains de l’établissement, qui laisse faire alors qu’il est au courant de ce qui se passe …double ou triple vulnérabilité face à la maltraitance physique, émotionnelle, institutionnelle…

 

Comment une femme ayant des troubles cognitifs pourrait-elle appeler le numéro d’urgence et comprendre ce qui lui arrive ? Est-ce que les centres d’hébergement d’urgence sont adaptés à une femme en fauteuil roulant ? Comment peut-on demander à une femme de porter plainte si l’aide humaine dont elle a besoin pour se laver, s’habiller et manger lui est apportée par celui qui la maltraite ? Comment peut-elle demander de l’aide si elle ne peut même pas sortir seule de chez elle ?

 

Plus d’un millier de femmes ont été assassinées depuis 2003. Mais je suis sûre que si l’on comptabilisait les femmes handicapées, les chiffres seraient bien plus importants… Peut-être que je me trompe…

 

L’assassinat est la réponse donnée par l’agresseur à l’idée de perdre ce qu’il considère sa possession quand la femme finit par porter plainte ou fuir pour tenter de mettre fin à son calvaire… mais, bien évidemment, les femmes handicapées, nous ne faisons pas ça, nous ne portons pas plainte, nous ne prenons pas la fuite… nous restons : pas la peine de nous tuer.

 

Retrouver l’article « Femmes handicapées et violence sexiste » rédigé par Eugenia CARRASCO LÓPEZ le 24 novembre 2019 sur le site Oficina de Vida Independiente de Andalucía, puis sur le site du CHLEE et traduit de l’espagnol par Elena CHAMORRO;

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